L’interview du président : “Notre association s’est considérablement structurée”

Président des Caribbean Eagles de Martinique depuis 2002, Charly Bourdet nous présente les activités de cette association, qui a grossi au cours des dernières années, tout en se structurant. On devine en filigrane la passion qui l’anime, sans doute autant que la centaine de  bikers qui lui fait confiance.


Nous organisons deux sorties par mois, placées sous le signe de la sécurité

Depuis sa création en 1995, le Caribbean Eagles de Martinique a fait un sacré bout de chemin ! Vous êtes combien aujourd’hui ?

Charly Bourdet : En 1995, nous étions seulement huit et aujourd’hui nous sommes plus de 100 membres et autant d’Harley-Davidson, puisqu’il faut en posséder une pour être membre.

En pratique, à quoi cela sert-il d’être membre ?

Cela sert essentiellement à participer aux activités, c’est-à-dire aux deux sorties par mois, l’une le jour, l’autre le soir. Ces sorties commencent par un point de rencontre durant lequel on discute pendant environ une heure, puis on prend la route pour deux heures. Et finalement, on déjeune ou on dine dans un bon restaurant. Durant ces sorties, nous sommes une soixantaine dont 35 à 50 restent pour le repas.

Quels sont les itinéraires et comment sont-ils décidés ?

Ces itinéraires sont décidés à l’avance avec précision, par moi-même ou par le premier vice-président, Philippe Rézard de Wouves. Nous essayons de varier les plaisirs en visitant tous les coins de l’île, au nord, au sud, au centre, à l’est, dans un sens ou dans l’autre.

Vous fendez la route à pleine vitesse ?

Non pas du tout ! Les Harley-Davidson sont des motos faites pour rouler tranquillement, se balader. Elles accélèrent assez bien dans les 100 premiers mètres mais leur vitesse de pointe n’est guère plus élevée que 190 km/h et de toute façon, nous roulons beaucoup moins vite que cela et en toute sécurité. D’autant que nous sommes assez nombreux. J’ai coutume de dire qu’une Harley-Davidson, on la regarde passer, alors qu’une japonaise, on entrevoit un gars passer sur une moto.

Une Harley-Davidson, on la regarde passer, alors qu’une japonaise, on entrevoit un gars passer sur une moto

Mettez-vous en place une organisation particulière pour assurer cette sécurité ?

Tout à fait. Le « road captain » est le biker qui ouvre la route. Un autre motard ferme la marche. Un troisième, le « serre-file », fait des allées et venues entre la tête et la queue afin de resserrer les groupes, car la file a tendance à s’étirer. Il y a parfois quelques centaines de mètres entre deux groupes. Pour les aiguiller, nous plaçons donc également des bikers aux ronds-points et aux croisements.

Une soixantaine d’Harley-Davidson qui rugissent, cela fait du bruit ! Quel accueil les riverains vous réservent-ils ?

La plupart nous applaudissent avec enthousiasme ! Au pire, quelques-uns sont indifférents mais on ne se fait jamais huer. C’est un véritable spectacle que les gens apprécient car toutes les motos sont différentes, notamment parce que la plupart sont customisées par leurs propriétaires. Lorsqu’on s’arrête, les gens veulent se faire prendre en photo à côté des motos ou même dessus.

Et il y a souvent des incidents mécaniques ?

C’est assez rare. Il y a parfois une panne. La dernière en date était due à une courroie cassée. Dans ce cas, on essaie de résoudre le problème nous-mêmes, et sinon, on aide le biker à prendre les dispositions nécessaires.

En Martinique, il y a quelques mécanos professionnels capables d’intervenir sur des Harley

En cas de problème grave, est-ce qu’il y a des mécaniciens sur l’île, capables de réparer une Harley-Davidson ? Et où trouvez-vous les pièces détachées ?

De nombreux bikers s’y connaissent en mécanique. Certains commandent directement leurs pièces détachées là où ils ont acheté leur moto, c’est-à-dire en France ou aux États-Unis. La concession de Saint-Martin a malheureusement été emportée par un cyclone en 2017. En Martinique, il y a quelques mécanos professionnels capables d’intervenir sur des Harley. D’autre part, une location de Harley a ouvert depuis quelques mois sur notre île. Il s’agit de HD Rental.

Revenons à l’association… quel est le montant de la cotisation ?

Les membres payent 70 € par an et la cotisation est aussi de 70 € pour les sympathisants, qui sont les accompagnants des membres – par exemple leur épouse. Cette cotisation permet d’être averti des activités et donne droit à d’importantes réductions des frais de restaurants et autres dépenses. Ces frais sont exactement les mêmes pour les adhérents et les sympathisants, c’est pourquoi nous avons unifié le montant de la cotisation.

Quand on voit l’organisation sans faille des sorties, on se dit que l’association s’est considérablement structurée depuis sa création…

Nous sommes assez organisés en effet. Nous avons trois vice-présidents. Comme je l’ai dit tout à l’heure, Philippe Rézard de Wouves est le premier vice-président. Le deuxième, Pierre Albert, s’occupe plutôt de la communication et du sponsoring. Quant à Gilles Lefèvre, troisième vice-président, il s’occupe de l’organisation, à laquelle participent également de nombreux assesseurs et autres membres chargés de la sécurité. Quant à moi, j’ai été élu président en 2002 et réélu plusieurs fois, le mandat étant de quatre ans.